C’était un 4 juillet. 05.07.
Pour fêter nos 2 ans de mariage, Chéwi m’a emmené dans un coin magnifique en forêt, pour un déjeuner sur l’herbe. Ensuite, il m’a offert de jolies roses rouges et un tiramisu.
La classe.

Pour fêter nos 2 ans de mariage, Chéwi m’a emmené dans un coin magnifique en forêt, pour un déjeuner sur l’herbe. Ensuite, il m’a offert de jolies roses rouges et un tiramisu.
La classe.
Qu’on me dise qu’à cause de la baisse vertigineuse des ventes, ça risque d’être un peu tendu pour faire reconsidérer les salaires cette année… passe encore… (à sec avec les graviers quand même).
En revanche, qu’on donne une prime (non négligeable) aux commerciaux sur chaque vente, en argumentant sur le fait que si nous, le back-office, on a rien et qu’on doit se contenter d’un salaire inférieur à notre échelon, c’est tout simplement parce qu’on n’apporte pas de chiffre d’affaire, qu’on est des femmes et qu’on sort à l’heure le soir pour aller chercher les gamins à l’école (perso pas moi)… Mais payes ton management sexiste pourri !
Faut sucer ou quoi pour avoir une augmentation et voir ses compétences reconnues dans cette boite de merde ?
Ouais les mecs, ça y est… Aujourd’hui ça fait un an que je bosse pour la “Shitty company”, la boite où quand t’as des prétentions salariales, tu te les mets dans le trou de b….
Te rappelles tu de ça ? Oui, tu sais, le temps où ce petit branleur me narguait avec son jouet tout neuf en chantant à qui voulait l’entendre que je n’étais plus digne de marcher à ses cotés, mais à 4 mètres derrière…
Ça y est, tu te souviens ?
Et bien figures toi que moi aussi, je m’en suis souvenu…
Surtout quand je lui ai annoncé que mon opérateur (que je ne citerai pas mais c’est le nom d’une couleur utilisée par la DDE) venait de m’appeler pour me proposer un iPhone 4 à 14€ parce que 1) je suis chez eux depuis 10ans, 2) je n’ai pas changé de portable depuis 3 ans, 3) j’ai tout plein de points fidélité (avec lesquels je l’aurais eu à 249€ si j’avais entamé la démarche toute seule…).
Je l’ai reçu hier, mon précieux.
Alors mec, c’est qui le boss maintenant ???
Mwahahahah.
Envie de liberty.
Envie de micro jupe à volant.
Envie de vernis rouge pute (toujours).
Envie de casser le sablier.
Envie de coton.
Envie de salades au citron.
Envie d’arrêter la tempête.
Envie de donner des baffes.
Envie de petite croix.
Envie de confiture de pêches.
Envie de pleurer.
Parce que trop de retenue.
Et pas assez de sommeil.
Parce que j’ai peur d’être déçue. Ou de décevoir.
Parce que je n’ai peut-être pas les épaules assez larges pour porter tout ça.
Parce que là, j’ai le cœur qui va exploser.
Sortir et se dire que finalement, tout n’est pas si pérave. Repartir à l’attaque parce qu’on est jeunes et fous. Humer l’air. Il va pleuvoir. Avoir de l’espoir. Un peu. Sourire. Beaucoup.
Putain, c’est bon.
Hum… Alors là, tu vois, je viens tout juste de regarder “Remember me”, et même si ce n’est pas LE film du siècle, je dois t’avouer que je viens de prendre une putain de grosse claque dans ma gueule.
Donc si tu permets, je vais aller me cacher dans les chiottes pour pleurer toutes les larmes de mon corps comme une gamine de 15 ans.
C’est une question de sentiments. Une putain de question de sentiments. Ça n’a rien à voir avec le fric. Ou peut-être que si, un peu. Mais il s’agit de sentiments. Avant tout le reste.
Des blessures, des insultes, des mots dits de travers. De cette place que je n’ai pas réussi à trouver, et que je cherche encore aujourd’hui. Naïvement. Parce que se sentir à sa place n’est pas inné. Bien au contraire.
De cette existence qu’on me refuse. Comme si m’effacer des souvenirs permettait de me rendre invisible pour de vrai. D’annihiler tout ce que je représente ainsi que mon droit a être un individu à part entière. Et pas un animal.
De cette vérité que j’ai simplement peur d’entendre. De cette faiblesse dont je fais preuve à chaque fois que j’en parle. Des larmes que j’ai mainte fois versées.
Non tu ne comprends vraiment pas. Il n’est pas question de fric. Mais de sentiments. De principe. De justice. C’est tout.
Ça ne suffisait pas de devoir retarder encore et encore ce projet qui nous tient aux tripes, mon mec et moi, de penser que mon boulot c’est de la merde en ce moment, et de se prendre en pleine gueule, une fois de plus, le constat affligeant de l’inégalité des chances dans la vie… Il fallait aussi que j’apprenne qu’une copine d’enfance est enceinte de son 2ème.
Juste pour bien me finir.
Lui : « Hey, fais pas la tête, on a toujours réussi à obtenir ce qu’on voulait au final.
Moi : Non, arrête, on a pas réussi à obtenir tout ce qu’on voulait. On s’est juste toujours contentés de peu ».
(Là je m’en veux).
Que celui ou celle qui est arrivé sur mon blog en tapant (attention c’est long) :
“faites pas semblant hein ! bref, aussi adorables soient-elles (aheum), je viens de découvrir qu’elles sont un peu puputes aussi. figurez-vous qu’elles viennent tout juste de se fourvoyer et que, ô drame, sans capotes ! oui oui toutes les 2. en même temps.”
… Se dénonce…
Je promets que tout se passera bien et qu’il n’y aura pas de sang.
Rien. Je n’ai rien vu venir. Il m’a tripoté, retourné les entrailles et d’un coup d’un seul, le couperet est tombé. En pleine gueule, comme un coup de revolver dans la bouche. J’ai senti mes yeux se mouiller malgré la retenue dont je voulais absolument faire preuve… Mais voilà, on ne choisi pas toujours.
30 secondes pour que tout s’écroule. Je n’aurais jamais cru que cela puisse être d’une telle violence malgré la douceur de sa voix. Je n’avais pas envisagé cette issue. Ca ne pouvait tout simplement pas arriver. Pas à moi.
Alors j’ai ramassé mes frusques en prenant soin d’éviter le regard de mon mari. Il n’y avait plus rien à ajouter. Au fond de moi, je savais déjà. Et l’infime espoir que j’avais emmené avec moi s’est brisé net. Je l’ai écouté, encore et encore, me raconter comment cela se passerait. Le visage ravagé de larmes et d’amertume. Et nous sommes partis.
J’aurais voulu vous dire que 2 mois et demi après, ce n’est qu’un mauvais souvenir de plus. Mais ce n’est pas aussi facile. Parce que même si ce genre de chose arrive à beaucoup d’entre nous, que c’est une éventualité qu’il ne faut pas oublier, aucune d’entre nous n’y est vraiment préparée. Personne ne te parle de ce vide que tu ressens, de cette souffrance que tu finis par taire parce que « ça arrive à plein de gens » et puis « c’est pas grave, hein, au moins on sait que ça marche »… De ce corps qui t’a trahi et que tu ne supportes plus. De cette frustration et de cette colère qui te donnent envie de frapper tout ce qui bouge. De cette profonde solitude que tu ressens parce que, de toute façon, ils ne peuvent pas comprendre…
Non, quand tu commences à saigner, personne ne te dit que dans quelques heures tu auras un trou béant dans le cœur. Que c’est plus qu’un fœtus de 2 mois que tu perds, même si tu ne le sentais pas encore bouger.
Plus qu’un avenir tout entier.
C’est un bébé que tu ne verras jamais. Un bébé qui avait déjà un nom.