Blood is money. 11.08.
Du temps.
Voilà ce qu’on me dit, qu’il faut du temps…
Je ne m’étalerai pas sur les détails, ni le pourquoi du comment, parce qu’il n’y a rien d’intéressant dans le fait de lister des termes médicaux un peu barbares.
Une grossesse extra utérine. Voilà ce que c’était. Ni plus, ni moins. Verdict des médecins : un pur hasard. Et dire qu’on dit que le hasard ne frappe jamais au même endroit. La grosse blague.
Et puis une cicatrice, la 1ère, qui rejoint les 2 cotés de l’aine, juste en dessous de mon tatouage. Comme une césarienne, mais sans bébé à la clé.
(Ahah, ironie, ironie).
Une cicatrice qui s’étend bien au-delà de la barrière physique…
Mais je crois que le pire dans tout ça, ce n’est pas le reflet de mon corps tout cassé que j’ai peine à regarder dans le miroir… C’est la douleur insoutenable post et pré-opératoire, les difficultés pour marcher, manger, dormir, et même pisser…
La douleur… Et l’envie irrésistible de cracher à la gueule de la Justice. Non, ça n’a rien de juste, ce n’est pas honnête comme marché. J’ai payé trop cher.
Parce que personne ne devrait avoir à souffrir autant pour devenir maman.
Alors je me calme en me disant qu’au moins, ils ne m’ont pas enlevé la trompe, que la GEU a été prise à temps, contrairement à d’autres qui n’ont pas eu cette chance, et qui aujourd’hui, voient leur possibilités réduites de moitié. Que dans quelques mois, quand j’aurais cicatrisé, nous retenterons l’aventure… Et que nous continuerons de nous battre pour devenir parents.
Mais là, tout de suite, j’ai peur. De la douleur. D’un autre échec. De l’irréversible.
Ouais.
