Partez pas, y a une bonne nouvelle à la fin ! 21.04.
J’aimerais vous dire que ça ne va vraiment pas. Que 3 ans après avoir commencé à bloguer, j’ai toujours les mêmes regrets qui me collent aux basques. Les mêmes cauchemars. Les mêmes envies de me saouler pour oublier. Je mens. En fait, je n’ai jamais eu de perte de mémoire et je me souviens de tout. Tout ce que j’ai fait, je l’ai fait en connaissance de cause. En toute conscience. Mêmes les trucs moches. Je suis une connasse par nature, ne l’oubliez pas.
Et puis non, en fait, je n’aimerais pas.
Il y a 2 mois, quand il m’en a parlé au téléphone, j’ai pleuré. Comme une fille. J’ai pleuré parce que même dans la merde jusqu’au cou, j’avais toujours eu un toit au dessus de la tête. Je m’étais toujours débrouillée pour sauvegarder un semblant de… je sais pas trop, mais un semblant quoi ! Et là, il m’annonçait que nous ne pouvions pas rester dans la maison. Que ça devenait trop cher. Qu’on ne s’en sortirait jamais si on ne prenait pas LA décision. Qu’on ne pourrait jamais acheter une maison et monter l’affaire dont on rêvait si on ne remboursait pas nos crédits et qu’on n’économisait pas un minimum pour l’apport… Putain de banques de merde.
Quand on y pense, c’est assez logique compte tenu du fait que mon job à Paris nous oblige à payer un double loyer et du transport à gogo, et que les 3/4 de son salaire passent dans les charges de la maison. En gros, paie ton déficit à chaque fin de mois. Oui, payer pour travailler, c’est un nouvel art de vivre pas donné à tout le monde j’ai envie de dire.
Alors il me sort l’improbable… On va vivre en caravane. Super. Mouais… Mouais… OUAIS MAIS NAN ! Et j’ai encore pleuré. Toute la nuit, j’ai pleuré comme une gamine à qui on volait sa poupée préférée. Vivre simplement comme on le faisait depuis 2 ans, ok, mais vivre à l’arrache en caravane avec nos 4 chats et la chienne genre les Gipsy King, c’était juste pas possible. Et puis j’ai réfléchi, et j’ai retourné le problème 100 fois dans ma tête sans rien trouver d’autre comme solution. Alors je me suis fait une raison. Je n’arrivais pas à trouver un job à coté de chez nous, et on payait effectivement trop cher. J’ai donc dit oui par résignation. Et puis j’étais avec Chéwi, alors bon, du moment qu’on restait ensemble et en bonne santé, c’était pas la mort. Re-la-ti-vi-sons.
L’histoire, elle finit bien. Parce qu’après 2 mois de recherches de terrain à squatter et de caravane à emprunter, de refus, de désillusions, de délibérations, de disputes et de compromis, et avec l’aide de quelques amis, nous sommes fiers de vous annoncer que nous allons devenir les heureux propriétaires d’un petit terrain en bord de Loir et d’un mobile home de 25m² avec 2 chambres. Pro-pri-ét-aires. Genre on est chez nous quoi ! Ok ok, c’est pas l’Amérique, mais ça change de la caravane de 8m² sans chauffage et sans douche. Sans compter qu’on peut y passer l’hiver sans avoir peur de congeler sur place.
Ce qu’on apprend de la vie ? Savoir se réjouir des bonheurs simples je crois. Et rester soudés quoiqu’il arrive. Oui, c’est parfois difficile. Et oui, j’aimerais vous dire que ça ne va vraiment pas, que ce n’est pas juste, et trépigner comme une gamine de 10 ans en pleurant toutes les larmes de mon corps. Mais ça va. Parce que je me rends compte qu’en 3 ans, je n’ai pas stagné. Enfin pas trop. Que je ne bois plus. Enfin plus trop. Et surtout, que je n’ai plus besoin d’oublier…
Juste me laisser bercer par la douce image de cette jolie maison en pierre qui, un jour… sera à nous.
