L’être ouverte #2 29.07.
Quand on me raconte sa perte de poids et l’absence de vie dans ses yeux noisettes, malgré tout ce qu’elle a dit/fait, j’ai un petit pincement au coeur.
Je suis nostalgique des jours où nous dormions tête bèche, par manque de place, et que je me réveillais au petit matin avec la douce fragrance de ses orteils dans les narines. Je repense aussi à ces dimanches où je rentrais à l’aube et où elle débarquait dans mon appartement sans frapper pour boire un café et discuter alors que j’étais couchée depuis à peine 2h. L’odeur du café qu’elle faisait couler avant de venir me rejoindre dans mon lit pour finir sa nuit, elle aussi.
Des moments difficiles, on en a eu, et pas des moindres. Mais il nous suffisait d’entendre les premières notes de When the rain begins to fall de Jermain Jackson et Pia Zadora, pour chanter comme des dingues et se rappeler qu’avant d’être demi, nous étions soeurs avant tout.
Oui, à une époque lointaine où Naïveté était mon nom, j’ai du prendre tout ça pour de la complicité ou de la fraternité. Je ne sais plus trop, mais un truc dans le genre.
Aujourd’hui, je n’ai que la vision d’une famille qui s’effrite maintenant que son pilier s’est écroulé. Si Famille nous avons déjà été. Et je n’ai rien vu venir en plus. C’est un peu comme dans Dallas, mais sans le pognon. C’est fou ce que la jalousie et l’ignorance peuvent faire dire à vos proches.
Si j’avais su…
Parce que malgré tous les reproches que j’ai bien pu lui faire, tout ce qu’elle m’a piétiné durant mon enfance, nos 7 ans d’écart et toutes nos différences de point de vue et d’ambition, elle n’a jamais su que je lui vouait un amour sans bornes. Ou peut-être qu’elle le savait mais qu’elle s’en foutait. Et plus le jour de la cérémonie religieuse arrive, et plus je ressens comme un vide. J’aurais voulu qu’elle me tienne la main en me disant rhoooo mais ça va bien se passer ta réception et tout et tout… vas-y, prends toi un p’tit verre de whisky pour faire couler, et arrêtes de faire chier le monde là, putain…
Mais voilà elle a fait son choix. Et 1 an et 3 mois, c’est long.
Demain, je recommencerai sans doute à vous dire qu’elle peut bien faire ce qu’elle veut, que je m’en fous. Que de toute façon, c’est rien qu’une conne qui finira toute seule et qui crèvera d’envie. Et je le penserai. Honnêtement.
Demain.
Parce que là maintenant, j’ai comme une envie de dire que.
Breathe me - sia
