TinyLizzie in Paradise
home | about | portfolio | wishlist | twitter | links | old | mail

Quand rien n’arrive par hasard. 18.06.

Les histoires se croisent et sont rarement identiques. Pas les mêmes débuts, pas les mêmes finalités. Malgré le fait que les grandes lignes soient semblables, c’est toujours différent. De la souffrance unique en quelque sorte. Parce qu’après tout pourquoi les autres souffriraient comme nous hein? Fuck ! Soyons égocentriques de temps en temps.

La dernière fois, c’était moi. Alors aujourd’hui, c’est à son tour. C’est donnant donnant. Je l’écoute se raconter (un peu) et l’émotion m’etreint. Dur de se confronter à la douleur quand on a soi même du mal à cicatriser.  Mais soyons réaliste, le propre de l’Homme est de se faire mal pour se rappeler qu’il est en vie. Je n’echappe pas à la règle, même si je suis de loin plus heureuse que pendant mes 25 premières années. J’ai du me dire étant petite, que plus tard, je serai une torturée de haut vol sans savoir les paradoxes que ce métier engendrerait. J’aurais mieux fait de me taire. En fait non. Je l’écoute toujours et elle baisse les yeux par moment. Elle ne livre qu’une infime partie du tout. Et encore. Je pense toujours que les histoires ne sont jamais les mêmes.  Rien de plus agaçant qu’une connasse qui te sort annhh mais je te comprends grave hinhinhin… tu vois le genre ? Et pourtant, il y a des fois où… Mais c’est un bout de ma vie qu’elle me raconte là putain de merde ! Oui, comme quoi… On est toutes un peu des connasses j’ai envie de dire. Et nous continuons sur les jours où nous nous sommes relevées avec ce foutu même pas mal au bord du regard, le débat sur l’intention plus que la manière. Nous ne voulions pas leur ressembler. Aujourd’hui c’est le cas, et on est putain de fière comme elle dit si bien. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis parait-il ! Nous aurions voulu de la délicatesse quand nous n’avons eu que le vide ou l’absence de réponse. Oui mais où en serions nous si les choses avaient été différentes ?  Nous serions mortes de platitude. Toutes desséchées, à pourrir dans un monde où tout serait gnangnan et consensuel. La douleur plutôt que le manque de relief. Finalement, on se dit que même s’il y a eu les galères, ils nous ont bien élevées, nos parents.

Puis on se parle de ces lignes parallèles (putains de lignes aussi) qui ne se croisent jamais. Rien n’est une question de chance. Hey meuf c’est toi même qui l’a dit ! Bousculer les régles immuables de la Géometrie si on le désire vraiment. Il faut juste le vouloir très fort, fermer les yeux et frapper ses chaussures l’une contre l’autre. Sauf que, excusez moi, c’est plus facile à dire qu’à faire. Là encore, je me revois il y a 3 ans. Mais je ne peux pas lui dire que t’inquiète pas, ça va s’arranger, tu va gérer… parce que ce serait avoir une chance sur deux de lui mentir. Et je n’aime pas mentir. Non, certaines pages ne se tournent jamais, d’autres se déchirent toutes seules. C’est ce qui s’est passé pour moi… Je me suis réveillée un matin, et la page n’était plus là, elle avait disparue. Ok j’ai bien conscience que je suis une exception. Ce n’est pas un coup de chance me répète-t-elle, tout est question de choix. La plupart du temps, on sait pertinemment que même quand on voit le mur se rapprocher, on ne peut pas s’empêcher de foncer dessus. Jusqu’au moment où on choisit de prendre la direction opposée. Et toi, t’en es où ? Toujours droit dans le mur ? Je l’écoute me dire l’oeil brillant, que non, cette page là, elle l’a déchirée toute seule et que c’est fini les conneries. A new life is coming. Et puis on laisse tomber les lignes parallèles pour parler sans faux semblants, sans images. De toute façon on s’en fout, les maths par définition, c’est nul.

Alors après avoir gratté la croûte et regardé le sang s’écouler un petit peu, on finit par rire. D’être vivantes. D’être là malgré tout. D’avoir trouvé la force de continuer.

“Ecorchée vive”. Oui, c’est le bon mot.

Cheers bichette.

Commentaires

Coline 18.06.

:’)

Angespawn 18.06.

Très fort et très beau. J’espère qu’elle appréciera.
On a tous plus ou moins vécu des situations similaires mais pourtant on ne peut pas se mettre à la place des autres. On est tous égoïste de toute façon, tout ce que l’on fait est pour un enrichissement personnel matériel ou immatériel (se sentir libre, aimer ou utile, etc.) Le seul baume qui permet de se sortir des cercles vicieux est de relativiser notre situation. Une preuve de sagesse qui permet d’avancer.

SOUERDELIZZIE 03.10.

JE T’aime

COMMENTAIRES