5h52

On a beau avoir pris conscience de certaines choses, d’un coup. Avoir levé le voile qui nous obstruait le regard. Ou s’être décidé à ne pas se laisser aller…

Pour soi…

Ou pour l’autre…

Il y a des instants, comme ça…

Impromptus et douloureux.

Ces heures creuses au milieu de la nuit, où les secondes semblent s’étirer pour devenir 2 fois plus longues…

Ces moments où on a l’impression que nos entrailles se déchirent de l’intérieur.

Le manque.

Oui, il y a des instants, comme ça…





De l’autre coté…

Je me rappelle de cette conversation avec un ami, un soir où il était tard et qu’on tentait pour la 2 000ème fois de l’année, un Glenfiddish 18 years olded à la main, de refaire le monde. Un monde à notre façon. Dans lequel la vie serait moins hostile. Où on ne risquerait pas de s’écorcher le coeur toutes les 2 minutes. Où on ramasserait les morceaux de verre brisés d’un cadre photo balancé de rage, ou ceux d’une vaisselle jetée à la tête lors d’une scène de ménage, pour en faire des éclats de rire. Oh oui, on a ri, de nos rêves, de notre stupidité bon enfant, en s’interrogeant sur le nombre de personnes qui étaient en train de penser ou dire la même chose que nous, là, tout de suite.

Et puis de l’utopie, de l’absurde, nous sommes revenus à la réalité. Aussi rapidement qu’on s’en était éloigné. Et c’est là qu’il m’a demandé. Droit dans les yeux.

“Dis moi sincèrement, Lizzie, quand est-ce que tu rouvrira ton coeur de nouveau ? Ça fait 3 mois pour l’un, 1 an et quelques pour l’autre, et toi tu cries à qui veut l’entendre que non, tu n’aimera plus jamais. Alors, c’est quand que tu enlèvera le panneau “do not disturb” dans le fond de toi ?”
- Plus jamais.
- Putain, je t’ai vu souffrir, je t’ai vu avec la haine dans les yeux que j’en ai même flippé pour tes ennemis, toi, la madame anti-violence par excellence ! Et je t’ai vu rire. Rire de bonheur. Rire sincèrement, sans ironie, sans sarcasme… Et je t’ai vu amoureuse. Tu es bien plus jolie quand tu aimes.
- Et bah désolé de te décevoir mais je préfère être moche.
- Sois sérieuse deux secondes, merde ! Marre que tu t’échappes tout le temps dans l’auto-dérision.
- Mais tu veux que je te dise quoi bordel ? Ce que tu sais déjà ? Que j’ai pas envie prendre le risque de m’ouvrir à quelqu’un parce que j’ai peur de morfler encore une fois ? Que je préfère me faire souffrir de la solitude que j’aurais choisi, plutôt que d’avoir mal à cause d’un autre ?
- Un choix mon cul ouais ! Tu la subis ta solitude. Même pas tu la dégustes.
- Bah oui écoute, faute de mieux on fait avec ce qu’on a. Et moi, je n’ai plus que ça. Tu crois que c’est pas dur de rentrer seule chez toi et de voir le vide ? Tu crois que je ne souffre pas de devoir mentir à la terre entière quant à mes motivations sur mon célibat ? Oui j’ai une peur bleue de la souffrance, oui j’aimerais rencontrer une personne qui me fasse oublier cette putain de peur qui me paralyse. Tu peux appeler ça de la lâcheté. Soit ! Pour moi c’est juste l’instinct de survie.
- Tu fais chier grave ! Tu le sais qu’on est pas tous pareils. Tu l’as dit toi même, faut pas généraliser.
- Ah oui je sais, mais faut pas écouter ce que je dis quand j’ai bu. En même temps je tombe que sur les mauvais. Remarque j’ai jamais eu de chance aux jeux de hasard. Et puis, imagine juste une seconde que je tombe sur le bon. Le mec il m’aime toussa toussa hein genre Cendrillon, la belle vie, mariés 3 gamins… Tu crois vraiment qu’il supportera mes cauchemars et mes doutes ? Ce que je réussirai à faire, c’est soit le faire fuir, soit lui faire du mal. Et je préfère 1 000 fois rester seule que de blesser quelqu’un. Parce que je sais ce que c’est que d’être responsable de la déchéance de quelqu’un, et égoïstement ça te fais encore plus mal. Non, je n’ai ni envie de souffrir, ni faire souffrir. Maintenant t’es gentil, tu me lâches la grappe et tu me laisses profiter de la soirée. Discussion close.
- Putain ce que tu peux être casse-couille. Je te dis que le mec qui va te trouver, il en aura du fil à retordre à dresser une sauvage comme toi ! Ok, tu veux clore la discussion. Soit. Je te connais, tu vas me sortir des “oui mais” à tout bout de champs et on va s’embrouiller. Mais laisse moi te dire une dernière chose avant. La vie c’est une putain de série d’épreuves… Toi même tu sais, on reviendra pas dessus. Et toi, tu serais prête à abandonner le peu de joie qu’elle nous procure sous prétexte que ça fait trop mal ? Mais vivre c’est prendre des risques ma chérie ! Sans risque, pas d’adrénaline, pas de fierté d’avoir accomplis un truc de ouf qui te tient à coeur. Tu l’as jamais fait peut-être hein ? Et en rejoignant l’autre naze, t’en as pas pris des risques tu penses ? Bah si, t’as tout quitté et ouais t’en a bavé après mais tu l’as vécu au moins ce moment ! Aimer, ouais ça peut faire mal… et des fois, non. Et puis, tu la vois comment la fin de ta vie justement ? Tu te vois regretter ? Te dire putain merde j’aurais du y aller, j’avais rien à perdre sauf ma fierté à deux balles ? Putain Lizzie dis moi ce que c’est par rapport au bonheur éventuel qui peut en découler hein ! Bah moi désolé mais je trouve con de renoncer à tout ça. Parce que même si c’est peu, c’est ce qui me permet de tenir le coup pour le reste. Le mauvais. Arrête de survivre sur des “si”… “Et si je morflais encore”… “Et si je lui faisait du mal”. Vis. Simplement.
- Ouais ouais, j’en parlerai à mon cheval…
- Raaa putain tu fais chier merde ! Ressers-moi un whisky, que j’oublie à quel point tu peux être conne des fois.”

Cette conversation, je m’en souviens pratiquement mot pour mot. Je ne sais pas à quel moment précis elle a fait irruption dans mon conscient après 4 mois d’errance. Non, je ne sais pas. Sans doute au moment ou la copine qui essayait de me consoler m’a suggéré de regarder les choses sous un angle différent. De me placer, deux secondes, de l’autre coté du miroir… Et là, j’ai vu ce que la douleur m’empechait de voir.

Je suis sortie, après avoir ri, pleuré, encore ri, mangé, et encore pleuré. Et j’ai séché mes larmes. Parce que je me sentais mieux.

Parce que ce soir, j’ai compris quelque chose. Sur moi… Mais pas seulement…





Cup of coffee*

Quand j’ai décidé d’ouvrir ce blog, il y a maintenant 8 mois, j’avais la volonté impudique d’en faire mon défouloir, lieu de tout et de rien en même temps, ma psychothérapie en quelque sorte… Pleins de choses quoi. Rassurez-vous, ce soir je ne reviendrai pas sur le faux débat concernant son utilité, puisque débat ouvert et clos ici-même. Et puis, il n’est pas non plus question de remettre son existence en question. Non… Ce soir, j’ai envie de vous dire que j’ai fièrement gagné le challenge. Et que pour une fois que je gagne quelque chose, j’estime qu’il est de bonne guerre d’en faire mention. Enfin, gagné… Tout dépend de quel point de vue on se place comme dirait l’autre.

Parce que oui, si il y a une chose que je peux vous dire sans croiser les doigts dans mon dos, c’est que j’ai tenu ma promesse. 99%. Voici à peu près la proportion de moi que je vous livre à travers les quelques bribes de ma vie banale de chieuse parisienne exilée en province, le regard que je porte sur la vie, et mes histoires drôles… ou pas.

99%. C’est beaucoup.

Alors le jour où je lui permets de me lire, de s’immiscer dans mes angoisses ou de vivre mes petits bonheurs à moi, je le préviens… Mets en garde sur le fait que ce qu’il va lire ici ne sera peut-être pas à son goût, le choquera, le blessera… Qu’il rentre ici dans le paradoxe de mon Moi profond… Un seul mot d’ordre… Honnêté… Qu’elle fasse mal ou pas. Qu’il faut qu’il prenne conscience du lieu où il met les pieds. Parce que vivre ses doutes au quotidien, c’est une habitude pour tout le monde, mais connaître ceux des autres, c’est une chose que peu savent gérer. Et le risque, il le prend. Moi aussi. Le risque de briser l’armure. De voir les fils barbelé-motus qui scellent mes lèvres, se briser, pour tout dire, sans tabou, sans gloire. Juste sincèrement. Juste vrai.

Ou qu’un jour mon meilleur ami lui révèle le 1% restant. Le genre de chose qu’il n’a pas forcément envie de lire.

Jimmy, celui qui sait pratiquement tout sans que j’ai besoin de prononcer le moindre mot. Celui qui en a marre de me voir m’auto-mutiler à coup d’incertitudes et de non-dis juste parce que j’ai peur de la réponse à mes questions. Celui que j’aime d’un amour tellement fraternel qu’on en est quasiment devenus asexués. Ni homme. Ni une femme. Mon meilleur pote. C’est tout.

Et puis un jour, alors que je n’ai pas eu accès au net depuis pratiquement une journée coz que j’étais absente de chez moi hier soir, et que ce matin au taf, la fée-informatique avait niqué toutes les connexions réseau, connexions que j’ai enfin récupéré au alentours de 15h30, je découvre qu’il y a eu mutinerie sur mon blog. Un commentaire de Jimmy s’adressant directement au principal intéressé (qui n’est pas moi si vous avez bien suivi) et qui dit plein plein de choses sur MES sentiments. Choses que je me suis bien entendu, interdit d’évoquer. Sans doute parce que je me complaisais dans une relation unilatérale, ou que j’avais peur de perdre le peu que je recevais. Peu… Déjà beaucoup… Bordel de merde ! Je ravale ma salive. Et quand je recommence à respirer, au bout d’un certain laps de temps, je constate que personne n’a relevé. C’est marrant comme la vérité nue peut rendre les gens muets.

Vous pourriez penser que j’en veux à Jim. Vous êtes alors bien loin de la vérité. Je ne vous dis pas qu’il ne m’a pas fallut une heure pour m’en remettre, mais je suis suffisamment lucide et intelligente pour comprendre qu’il l’a fait uniquement pour mon bien. Je l’entends d’ici me dire qu” au moins c’est fait, t’aura ta réponse et si c’est non, bah tu pourra passer à autre chose”. Non, en fait, je n’en veux à personne. La seule à qui je dois en vouloir, c’est moi. Juste moi. Pour ne pas avoir eu le courage de me tirer quand j’ai commencé à craquer ou de tout avouer comme une grande fille une bonne fois pour toute. Encore là maintenant, j’écris au lieu de dire. Oui je pense que j’écris mieux que je ne parle. C’est comme ça. Et puis on rougit pas. Alors je continue d’écrire.

Après avoir récupéré tous mes esprits, je supprime le commentaire. Pour répondre à une question posée… Non, je ne censure pas. D’ailleurs j’ai toujours banni ce mot au nom de la liberté d’expression… Simplement, je pense que d’hier à cet après-midi, l’heure de gloire de mon 1% dévoilé aux yeux de tous, a suffisamment duré. Et puis, une fois lu, ce n’est plus à lire. Maintenant qu’il est au courant…

Bref, non je ne nierai pas, oui j’assumerai. J’ai toujours assumé ce que j’ai fait. Parce que ce sont les règles du jeu. Parce que j’ai voulu jouer avec le feu et que je me suis cramée les ailes. J’assume, et je gérerai avec dignité. Parce qu’il ne me reste plus que ça de toute façon. En parler ? Je ne sais pas si c’est très utile. Qu’y- a-t-il autre à rajouter ? Tout a été dit. Et si justement en plus.
Une dernière chose pour ceux qui ne s’en seraient pas douté… Ma réponse je l’ai eu…

Ce qui est sur, c’est qu’on est pas dans “Pretty Woman” où le prince charmant il vient chercher la pute dont il est tombé éperdument amoureux, en escaladant jusqu’à sa fenêtre avec une échelle pourrie, pour lui demander de devenir sa princesse. Et moi, je ne suis pas Julia Roberts.

Non, je ne suis pas…

*Les fans du groupe comprendront…





Cheese, wine and peace

Pas envie d’un truc en grande pompe. Moral plutôt instable en ce moment. Alors Maman sort le truc imparable qui marche à tout les coups. La soirée intimiste agrémentée d’un bon feu de cheminée et d’un repas à la lueur des bougies. Ma frangine aux platines, euhh aux cuisines pardon ! Mon colloc’ à l’organisation. Reste plus que l’ingrédient ultime qui fait toute la diff’… C’est comme ça que, de derrière les fagots, je te sors Sandy, Mama et Jimmy. Enfin quand je dis “je”, je me comprends hein… Rapport que c’est eux qui ont pratiquement fait tout le boulot (prévoir le week-end, prendre leur samedi, payer le train, venir, faire des cadeaux toussa toussa). Faut pas déconner non plus ! Tu croyais quand même pas que j’allais en branler une alors que c’est mon anniversaire à moi (et pas celui de ma mère je te répète).

Bref, tu l’aura compris, après l’effort, le réconfort… Une tartiflette de ouf qu’elle était tellement bonne que Jimmy il en a repris 4 fois (en triant les oignons s’il vous plait) et qu’à 8, on a réussi à niquer 2 gros plats ! Si si ! Du vin qu’il était terrible aussi. Et le principal, des éclats de rire mythiques et des souvenirs encore et encore et encore.

Nan nan tu reviens là, j’ai pas fini ! D’où t’as cru que j’allais oublier de te parler de mes cadeaux hein ??? D’où t’as cru ? Parce que oui, des cadeaux j’en ai eu, et des beaux qui déchirent même. Je te vois te gausser mais tu vas moins rire dans 2 secondes. Alors, des couvertures-parodie de bouquin avec des jeux de mots débiles comme j’ai moi-même l’habitude d’en faire et qui me font me bidonner comme une baleine (ne me demande pas si une baleine se bidonne, j’en sais rien), le nouveau Sing Star Pop Hits sur PS2 où qu’avec ma voix de Céline Dion je vais pouvoir vous mettre une race sur “Baby one more time” de Britney Spears, un dessin de paillettes fait par mon neveu de 7 ans himself, que je sais pas ce que c’est mais que j’adore coz ça fait bling-bling on my wall et qu’il a pas oublié de mettre du violet que sa tata (chérie d’amour préférée je rappelle) adore, et… (c’est là que tu pleures) un écran plat HD ready 66cm toutes options-intérieur cuir-jantes chromées-110 CV. Et là, tu me dira que 66cm c’est de la gnognotte comparé à ton méga écran géant 2m X 2m, et je te répondrai que plus grand, ça sert pas à grand chose dans un appartement de 25-30m² où t’as juste un recule équivalent à ta table basse, rapport à mon futur déménagement sur Paris. Et qu’a la personne (oui juste une seule) qui me l’a offrit, bah moi je dis chapeau quoi ! Je te compte pas les livres que toi, Public, tu m’a gentillement fait parvenir de ma wishlist, vu que je n’ai pas tout reçu, et que je consacrerai un billet spécial pour les remerciements. Alors tu patiente un peu bordel !

Bon, ça c’est le coté rose bonbon du week-end. Oui oui il y a aussi la partie obscure de la force… Comme mon futur-ex beau frère qui arrive, en 2 secondes, à nous plomber une soirée en téléphonant au moment du gâteau… Faut dire que je l’ai traité de connard aussi… Où Jimmy qui nous fait une tellement grosse crise d’asthme qu’on est obligés d’aller aux Urgences (tout ça pour me piquer la vedette et faire sa star encore pfff… tu sais que c’est mal ce que tu fais Jim ?). Je vous rassure, le premier s’est calmé, et le deuxième s’en est très bien tiré, après reniflement de trucs douteux par masque, mais bon on va lui laisser le bénéfice du doute quant au contenu, et faire semblant de croire que c’était de la ventoline hein. Je dis ça parce qu’après avoir manqué de mourir étouffé, le monsieur était euphorique comme si il s’était enfilé un rail de coke.

Tout ça pour te dire que, oui, 2 jours pleins de rebondissements en tout genre qu’on se serait cru dans Arabesque avec Angela Lansbury, mais 2 jours bien, très bien même. Parce que j’avais près de moi toutes les personnes, ou presque, qui comptent et qui me connaissent le plus. Ceux qui savent réchauffer mon dedans tout froid et soulager mon angoisse du “sans lui”…

edit/@/ Parce qu’on est des ouf et que prendre le petit déj’ dehors en plein mois de novembre, ça nous fait pas peur !

Sandy breakfast on the grass
Sandy and Jimmy’s breakfast on the grass
Sandy et Jimmy
© TinyLizzie





5h11

“Ton problème ma belle, c’est que tu attends trop de.

- Oui mais si on ne m’avait pas trop donné, je n’aurais rien attendu. J’ai pas l’habitude de reçevoir autant d’un seul coup… Alors quand on me donne trop beaucoup… Oui, je sais, c’est pas bien”.

♦♦♦

 

“J’ai horreur de pleurer, surtout quand ce n’est pas le bon soir.

- Il y en a qui sont extérieurs, toi tu es intérieure… Tu fais ta forte mais en fait…

[…]

- Dis toi que tout est normal.”

 

 

Non justement, ça ne l’est pas, normal. Dis toi que tout est lié. J’ai mal. Et ça, ça n’est pas normal. Ne me dis pas que c’est la vie. Non, ne me dis pas. C’est tellement facile de prendre ça comme excuse.
Parce que la vie, c’est une question de choix. Nos choix. Et j’ai pas fais les bons. Trop conne.

Si tu savais… Putain tu fais chier.

Et puis merde, j’ai rien à perdre.

Ou si.

Au point où j’en suis.